mercredi 30 mai 2007

Une démocratie renouvelée

Vous vouliez une démocratie renouvelée qui se soucie de l'intérêt général et pas des querelles politiciennes ? Vous en avez rêvé, je vous l'ai promise, je la fais :

C'est pour cela que j'ai participé, mardi dernier au Havre, à la grande réunion républicaine avec mon ami Antoine Rufenacht.

Je suis le Président de tous les français et je me positionne au dessus, bien au delà des petites querelles partisanes des partis politiques. Je ne suis le Président d'aucun clan, d'aucun parti, d'aucune idéologie. Cette réunion n'était peuplée que de républicains au service de la France de maintenant.

Bon d'accord, c'est vrai, on avait caché tout ce qui ressemble à un logo de l'UMP, mais c'est pour servir l'intérêt général dont je détermine désormais tout seul les tenants et aboutissants. Et puis faut bien que je les marque à la culotte les cadres de mon parti.

A croire que vous que les connaissez pas. A votre avis, comment j'ai réussi à les tenir en rang jusqu'à la victoire alors qu'en temps normal ils sont tous à s'étriper joyeusement et à se piétiner l'un l'autre pour se disputer les postes et les honneurs ? La carotte ! Les vieilles recettes ça marche toujours...

Et maintenant, forcément j'en ai beaucoup à qui il cuit d'être restés sur le carreau. Des désabusés, des dégoûtés, des mécontents, des déçus, des humiliés plein d'amertume, j'en compte à la pelle dans les rangs de mon «armée populaire» que j'ai menée à la victoire.

Jean-Pierre par exemple, il m'a bien servi pendant la campagne, mais maintenant je n'en ai plus besoin. Lui et quelques autres, j'arriverais bien à les occuper en leur donnant quelques hochets de temps à autre pour qu'ils puissent s'ébattre dans l'illusion de l'action, croire qu'ils participent au grand dessein que je conduis pour Ma France, celle de quelques uns.

J'ai beau être Président de la République, je garderai la haute main sur l'UMP. Verrouillé le parti. Faudrait pas qu'ils me l'abiment. J'ai eu assez de mal à le tailler à ma mesure.

C'est pour cela que j'ai demandé à mes ministres d'être élus députés en juin sous peine de perdre leur illustre fonction.

La démocratie renouvelée je la conçois aussi comme ça, pendant ce temps là, ils mènent campagne et ne s'occupent pas des problèmes des français, ça leur évite de faire des erreurs. Quand je prône l'efficacité et les résultats, vous comprenez pourquoi ? Je n'ai pas été élu pour déléguer, les réformes, je m'en occupe moi-même. Quitte à rappeler à l'ordre mes ministres qui s'égarent.

Durant la campagne les autres candidats nous ont serinés les oreilles avec la sixième République. Foutaises, fariboles et billevesées que tout cela. Moi elles me conviennent parfaitement ces institutions d'un autre temps qui permettent de verrouiller le pouvoir entre les mains de quelques uns.

Un mode de scrutin majoritaire qui va permettre à mon ministre de la Défense de créer un groupe familial à l'Assemblée, avec un parti virginal de moins d'une semaine d'existence et qui n'a d'autre projet que de servir ma cause servilement ? Et, à coté, le béarnais fidèle à ses valeurs, porté par une véritable attente populaire le 22 avril, qui va lui, être purement et simplement laminé ? Oui, ça ce sont des institutions qu'il faut préserver.

C'est pour cela que j'encourage mes ministres et les parlementaires de la majorité présidentielle à pratiquer le cumul des mandats électifs. La démocratie renouvelée que je vous propose c'est cela, le maximum de pouvoirs dans un minimum de mains.

Nos élus républicains populaires seront ainsi en meilleure posture pour servir leurs administrés en remplissant leurs innombrables misions par la force du chapelet de blanc-seings que vous leur aurez ainsi assignés.

jeudi 24 mai 2007

Dans ma bulle

Monsieur Lepers, va falloir passer à la caisse. Je suis le créateur et le propriétaire du terme «Pipolitique» ainsi que de ses dérivés... Je l'ai déposé. Alors, par ici les royalties ! Et puis vous plaignez pas, vous vous faites déjà assez de blé sur mon dos avec vos films, non ?


Pour autant je vous remercie grandement d'avoir attiré mon attention sur cette nouvelle bassesse des grands médias de gauche. Une attaque indigne. Oui, c'est vrai on n'est plus ensemble avec Cécilia, oui elle est déjà repartie à New-York, et alors ? Cela ne regarde qu'elle et moi.

Et puis il faudrait quand même que vous commenciez à vous habituer. Ce n'est pas le premier mensonge aux français de ma part et nous ne sommes qu'au début d'une très longue série. Dix ans dans une vie, ce n'est pas rien. Vous avez signé le 6 mai, maintenant j'y suis, j'y reste !

Mais revenons sur VSD, ils vont comprendre de quel bois je me chauffe. Qu'ils fassent des blagues de potaches si ils veulent, mais on ne blesse pas impunément le président de tous les français. Je vais passer un petit coup de bigo à Liz et ça va swinguer dans la rédaction, je vous le promet.

PS : concernant le recrutement de dirigeants de TF1, merci d'interrompre vos envois de candidatures. J'ai fait mon choix.



mardi 22 mai 2007

Le magistère intellectuel et moral

Mon gouvernement est déjà pleinement investi dans sa tâche. Nuits et jours ils oeuvrent dorénavant au bonheur de nos concitoyens. Sans renacler, il mettent et remettent toute leur ardeur en mouvement pour servir la France et les français.

Le labeur est sévère, mais les bougres sont solides et opiniatres. Ils ne céderont pas aux coups de boutoir des esprits chagrins, apôtres de l'idéologie soixante-huitarde, qui déformeront le moindre écart insignifiant en scandale.

Tels des catéchumènes zélés il porteront ma pensée et mon projet à l'apogée des succès électoraux. Le «magistère intellectuel et moral» est désormais notre attribut ostensible.

Oui, chaque moment de leur existence, leur énergie, leur pensée, leur sueur sont toutes entières tournées vers un seul but, une seule obsession, être élu à l'Assemblée Nationale, le 17 juin prochain.

C'est ainsi qu'il s'engagent dès maintenant, pleinement, au service de la France et de leur président à qui ils doivent tant.

François, mon prosélyte en chef prend «la tête de la bataille». Il saura mener mes partisans mes grognards et mes mercenaires, toute la soldatesque populaire, bien au delà de la victoire, dans une majorité absolue écrasante.

lundi 21 mai 2007

Les coulisses de mon sacre

Durant la campagne, trop nombreux ont été ceux qui ont osé faire de moi le chantre de la censure des médias. Fariboles que tout cela. J'ai, tout au plus, quelques amis très influents. Et qui savent tenir leurs subordonnés, fussent-ils directeurs d'un grand hedomadaire ou d'un quotidien. Eh oui, le choc des photos, parfois, ça fait mal. Eh oui.

Cette accusation de manipulation des médias n'était qu'une des facettes de la diabolisation dont j'ai été victime. Mais bon, je ne vais pas épiloguer sur tout ça. Les français, dans leur majorité, ont su voir ce que je voulais qu'ils pensent de moi.

On voit bien que vous les connaissez pas les journalistes. C'est vraiment dur la vie de VIP. Pour vous le prouver, je vous invite à vivre, en vidéo, les coulisses de mon sacre, avec les journalistes.

Faut pas bouger une oreille, vous allez voir comment ils nous apostrophent. Aux ordres qu'il faut être, le doigt sur la couture du pantalon. Et je ne parle pas des commentaires irrespectueux qu'il faut encaisser sans broncher. Enfin bon, je me fais une raison. C'est aussi à eux que je dois ma victoire.

Et Chirac, il voulait pas partir ! Regardez bien son geste, il m'invite à repartir avec sa voiture ! Quel culot. Heureusement que je le connais par coeur. Un peu plus je me laissais avoir. Quand à Bernadette, n'en parlons pas. Elle s'était cachée dans l'abri anti-atomique. On a mis des heures pour «ouvrir» la porte et la réexpédier chez Hariri, avec son Jacques.

Mais je digresse... Allez, je vous laisse plonger dans les coulisses journalistiques de mon sacre :

dimanche 20 mai 2007

«What you see is what you get»

De retour à Paris. Ma première semaine complète au pouvoir est devant moi !

Cette après-midi, lors de notre passage en coup de vent au Festival de Cannes, on a frolé l'incident. J'en ai eu des sueurs froides. Cécilia a failli nous rejouer la mésaventure de Sophie Marceau lors de la montée des marches. Qu'est-ce qu'on aurait encore dit ? Je vous raconte pas.

Dire qu'elle repart à New-York demain... Depuis l'élection ça faisait longtemps que l'on n'avait pas été ensemble aussi longtemps.

Mais bon, faut se faire une raison, revenons à nos moutons. Oui, c'est le bon mot. Je vous avais promis une petite galerie de portaits de mon nouveau gouvernement. J'ai finalement profité de mon court week-end. Je sais que vous ne m'en tiendrez pas rigueur. Je vous reparlerai de chacun d'entre eux, plus en détails, dans la semaine qui arrive.

Nommés vendredi, avec obligation de résultats, leurs lettres de missions devant leur parvenir d'ici quelques jours, un certains nombres d'entre eux ont déjà bien compris ce que j'attendais d'eux.

Faut dire que je leur ai montré l'exemple à suivre lors de mon passage au ministère de l'intérieur. La visibilité médiatique, tout est là. La présence dans les médias donne l'illusion de l'action et du dynamisme. Rachida, Xavier, Brice et Christine ont bien bossé ce week-end. On les a vu partout.

Les chiffres on s'en arrange, c'est nous qui les produisons. En complément de la visibilité dans les médias, ils crédibilisent le sentiment d'efficacité. C'est une recette qui a bien fonctionné ces 5 dernières années, non ? Mon secret, le pragmatisme médiatique...

Non, ce qui me turlupine, c'est la justice. J'étais pas encore installé à l'Elysée, la passation de pouvoir pas encore faite, que j'avais déjà Juppé le futur seul ministre d'Etat de mon gouvernement qui était entendu par la justice comme témoin assisté. Et ce week-end, banco ! Un de mes collaborateurs à l'Elysée, Patrick Ouart, mon conseiller à la Justice, pour ne rien gâter, est inculpé par la justice belge...

Heureusement que j'ai ma fidèle Garde des Sceaux. Il va falloir qu'elle s'occupe aussi de Chirac, le 16 juin, ça va vite arriver. A peine deux jours après sa nomination ministérielle, les dossiers sensibles à gérer s'amoncellent déjà sur son bureau. Maître Eolas ne va pas me priver de ses sarcasmes...

Pipolitic, Star Attitude and Glamour Touch

Aujourd'hui, après mon jogging je file à Cannes. Pour les 60 ans. On va partir dès que je reviendrais de courir, le temps de prendre une douche rapide et d'enfiler mon smoking.

J'ai vu que les blogueurs ont ont été très nombreux à gloser longuement sur la robe Prada en satin duchesse ivoire de Cécilia, celle qu'elle portait lors de la cérémonie d'investiture, «robe de cocktail» entendait-on par ici, certains avaient l'impression d'être au Festival de Cannes par là...

Une preuve qu'ils n'ont pas grand chose à dire pour m'attaquer ainsi par un biais aussi détourné et si accessoire. C'est si petit de critiquer ainsi la tenue de ma Cécilia et l'apparence de ma famille. Je vous tiens à l'oeil, les blogueurs, surveillez votre discours. Je n'accepterais pas longtemps vos agissements de lèse-Nicolas.

Cannes, Cannes... Oui, laissez nous une seconde, qu'on finisse de se préparer que diable ! Vous allez voir ce que vous allez voir ! Les paillettes et le show-biz, ça me connait. Je suis tombé dedans quand j'étais déjà petit.

samedi 19 mai 2007

Le rythme de croisière

«Un peu de repos à Brégançon» qu'il disait Claude, je vais lui en foutre du repos, moi ! C'est fini, j'ai plus le temps pour véritablement me reposer maintenant, en tous cas, tant que la machine gouvernementale n'est pas vraiment sur son rythme de croisière...

Croisière ? Tiens, un mot qui me rappelle une situation plus reposante, c'est quand même agréable d'avoir de bons copains. Vous trouvez pas ? Faudra vraiment que je pense à le remercier. Il m'a pas encore trop dit ce qu'il voulait, contrairement à Martin, Arnaud, Dominique et quelques autres de mes «bling-bling friends».

Non, le vrai moment où je me suis réellement reposé récemment c'est lors du week-end prolongé de l'entre-deux tours, dans ce superbe hôtel à Porto Vechio.

Mon jogging, je peux pas m'en passer. Ce matin je suis sorti courir un peu, enfin, j'ai essayé...

Rigolez pas! Vous croyez que c'est facile, vous, de faire son jogging quand il faut constamment slalomer entre les caméras, serrer des mains, faire des bisoux, signer des autographes, se faire interviewer ? J'aimerai bien vous y voir. Bon, là je fais mon grognon, mais c'est vrai, je le reconnais, j'aime encore plus ça que le jogging. Cet après-midi, j'ai pris le seul véritable moment de repos de mon week-end, une grosse sieste présidentielle, ce sera pas souvent...

Mais bon, je m'éloigne du sujet dont je voulais vous parler. Je sens bien que les raisons qui vous poussent à venir me lire n'ont rien à voir avec mon sommeil paradoxal.

C'est mon gouvernement qui vous intéresse. Non, là, vraiment, j'ai fait fort. La totale. Succès sur toute la ligne. Tout le monde est tombé dans le panneau. L'ouverture.

Heureusement que les français, mais aussi, tout simplement les journalistes ne vont pas regarder plus loin que le bout de leur nez. Les ministres d'ouverture sont tous sur mes domaines réservés, la défense et les affaires étrangères. Révisez vos manuels de droit constit' pour affiner vos analyses messieurs. Mais finalement, votre incurie m'arrange bien.

Le pouvoir il est pas dans les ministères, il est pas à Matignon. Il est à l'Elysée. Pourquoi vous croyez que j'y ai mis Fillon ? Parce que Droopy ne m'y volera pas la vedette, avec son pauvre petit air tristounet.

Bon, demain, je vous parlerai plus en détail de ma Task Force. De Ran Tan Plan à Sancho Panza en passant par Judas, Cosette et Rastignac. Une sacrée galerie de portrait !

Putain , c'est le week-end !


Enfin arrivé ! Quelle semaine...

Je peux enfin me consacrer à ce blog, pour partager avec vous ma nouvelle vie.

Et tous ces cadeaux qui n'arrêtent pas d'arriver ! Les pauvres gendarmes à l'entrée qui nous amènent sans cesse des fleurs, des douceurs et encore des fleurs que les gens déposent à l'entrée du Fort.

Dans mes prochains billets je vous raconterai ma vie depuis le 6 mai.

Mais là, je suis épuisé, vanné, rincé, éreinté, lessivé, claqué, en un mot : crevé !

Mais heureux : maintenant, je vais pouvoir travailler moins pour gagner plus !

Je vous laisse, je vais aller retrouver Cécilia.

 
Clicky Web Analytics