dimanche 15 juillet 2007

Le défenseur des opprimés

Après une météo dégueulasse depuis mon élection, le premier vrai week-end d'été aura été merveilleux, un ciel bleu UMP, un soleil qui travaille plus pour gagner plus, un air tiède sous l'effet des rayons tant attendus ...

Un temps idéal pour la mise en pratique de ma rupture dans l'organisation de ce rite républicain. Autant de chance, c'est à se demander si, à nouveau ...

Non. Maintenant elle se tient à carreau. Et je lui ai fait la cour en direct devant les caméras, sur le perron de l'Elysée en la complimentant, elle et sa fille. Je crois que je vais y arriver, à la reconquérir. Faut dire que le pouvoir que j'ai désormais entre les mains, ça aide. C'est un attribut de séduction décisif... Je lui ai même trouvé un stage au Quai d'Orsay...

Saloperie de canard à l'orange, il va falloir que je trouve un moyen pour le bouffer celui-là, dommage que ce soit l'un des seuls médias qui n'appartienne pas à mes potes ou qui soit sous mon contrôle. A cause de ces journaleux, ma p'tite puce a du rendre sa carte de crédit...

Ils ont beau jeu de prendre au mot les foutaises que j'ai pu exprimer durant ma campagne : «république irréprochable», ne me dites pas qu'ils sont assez niais pour vraiment y croire ? Non c'est seulement pour m'emmerder et me marquer à la culotte...

Heureusement, le canard est l'une des rares exceptions. Le reste des médias est au pas cadencé sous le contrôle de mes amis, sous la surveillance de mes gardes-chiourmes ou encore tout simplement auto-discipliné, faisant preuve d'excès de zèle et d'auto-censure pour me plaire, sans compter ma reprise en main du service public de l'audiovisuel, où un grand ménage était nécessaire.

Que les sociétés de journalistes grognent, ça ne me fait ni chaud ni froid, la caravane présidentielle passe, ils ne font pas assez de bruit face à mon rouleau compresseur.

Mes grandes réformes sont désormais en marche. Je vous reparlerais prochainement de mon projet pour les institutions, mais celle qui est en déjà en très bonne voie, c'est mon choc fiscal.

Avec mon bouclier, moi, le candidat du pouvoir d'achat, je me devais de protéger les forces vives de mon pays. Celles qui ont du fuir nos contrées , harcelées parce qu'ils sont des Winners, pour ne pas être opprimés et contraints de verser des sommes phénoménales au titre de quoi ? D'un impôt de solidarité ? Comment peut-on associer ces deux maux ?

C'est empreint d'une compassion concernée que j'ai su tendre les bras à ces parias injustement malmenés, en effaçant leurs fautes au regard de cette loi fiscale injuste et en agissant de façon volontariste pour enfin renforcer leur pouvoir d'achat. Qui a dit que les fautes n'étaient plus pardonnées ? J'ai la grâce sélective.

Quand, durant la campagne, je disais «La France, tu l'aime ou tu la quitte», je ne parlais pas d'eux. Je sais bien qu'ils l'aiment notre beau pays. Mais, tout comme moi, il placent les finances en premier lieu, la patrie vient après. Je ne peux qu'être compréhensif, nous sommes fait du même bois.

La piétaille qui m'a porté là où je suis désormais, qui m'a fait la courte-échelle pour ma dernière marche, c'est-elle qui va le subir le choc fiscal, et sans bouclier. En pleine face elle va se le prendre. Comment vouliez vous que je finance autrement mes appâts, ces cadeaux fiscaux pour notre diaspora financière française ?

J'ai bien tenté de me donner un peu de marge de manoeuvre en allant défendre, à Bruxelles, au culot, devant l'Union Européenne la révolution politique que j'enclenche en France. Mais ils n'ont rien voulu entendre. Ils sont restés sur les engagements actés précédemment, en avril 2007, avec le précédent gouvernement. 2010. Pas de délai supplémentaire...

Ma ministre en charge de cette réforme fondamentale, Christine, est véritablement l'un de mes meilleurs atouts dans ce gouvernement, dont l'image fait encore illusion, mais qui de l'intérieur, quand on les connait et qu'on les voit à l'oeuvre, fait fortement figure de pieds nickelés...

Que ce soit dit, elle ne tardera pas à remplacer mon ombre à Matignon.

mardi 3 juillet 2007

Le bouclier élyséen

C'est quand même dingue. Les médias et les quelques débris qui restent de l'opposition en seraient presque à me reprocher d'être partout, de m'occuper de tout. Certains imaginent même que j'aurais un jumeau, ce qui expliquerait mon omniprésence, c'est dire.

Qu'ils pensent ce qu'ils veulent. L'important pour moi, ce sont les français. Je crois qu'ils portent un autre regard, plus positif, sur ma démarche.

Dans un précédent post, il est vrai, je vous avait confié la vocation essentiellement "communicante" de mon gouvernement, taillé pour plaire au microcosme médiatique.

Un gouvernement d'affichage, mis sous tutelle de ma garde rapprochée Elyséenne, chacun étant marqué à la culotte par mes proches collaborateurs.

Mon fidèle ectoplasme, qui a fait son discours de politique générale aujourd'hui devant les députés, étant lui même sous mon contrôle direct et celui du Vice-Président, ...euh... , du secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant. François est très bien, malléable à souhait, mais trop influençable. Lui aussi doit être chaperonné.

Je ne sais pas vraiment déléguer. Pour tout dire, je ne veux pas partager mon pouvoir. Surtout pas avec eux. Je les connais bien. J'ai longtemp baigné dans le marigot dans lequel ils trempent.

Pour le moment ils sont tout sucre et tout miel, reconnaissants envers moi de les avoir porté à la victoire mais très vite, ils vont se retourner, leurs instincts reprendront le dessus et ça va à nouveau être le bordel.

C'est pour cela que dès maintenant, au seuil de mon premier mandat présidentiel, je bétonne mes fortifications, je place mes défenses autour de ma citadelle, je verrouille la place forte du pouvoir, l'Elysée, je m'assure de ma mainmise et de mon emprise totale sur l'ensemble des prérogatives de mon mandat, allant même, dans ma pratique de la Constitution, jusqu'à mordre au delà des limites qu'elle me fixe. Quelle importance ? si je veux, je la change !

Que les résidus du pouvoir chiraquien, retranchés au Conseil Constitutionnel essaient de m'en empêcher, j'ai désormais la haute main sur l'avenir de leur mentor...

 
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