vendredi 28 septembre 2007

Le scoop présidentiel

Mes ministres n'arrêtent pas de me griller la politesse en vendant la mèche de façon prématurée. D'abord Lagarde avec le plan de rigueur, puis Fillon avec la réforme des régimes spéciaux, enfin, Borloo avec le moratoire sur les OGM...

Y-a pas de raison. Moi aussi je peux le faire. Tout le monde se moque de moi quand je dis que la croissance je vais aller la chercher.

Et bien ils vont tous déchanter quand ils vont savoir comment. Une bonne guerre. Oui. Vous avez parfaitement entendu.

Avant la fin 2007 moi et Deubeuliou nous aurons déclaré la guerre à l'Iran. Et on y sera. Enfin nos troupes, j'veux dire...

Une bonne petite guerre préventive, au mépris du Droit international, dans la droite ligne du concept lancé par mon maître à penser. Je luis doit tout. En piteuse situation dans son pays à l'aube des prochaines élections présidentielles américaines, il a décidé d'enfoncer encore plus profond son pays et la planète dans la mouise, une véritable stratégie de la terre brulée...

Et je cours derrière lui, quand je ne le devance pas. Finie la politique étrangère indépendante de la France. Je lui fais faire un virage à 180 °. Notre pays va rentrer sagement dans l'OTAN, et mon ministre d'ouverture, Bernard Kouchner se fait plus belliciste que Bush.

La politique étrangère de la France n'est plus à vendre, elle a été soldée à George.

Grâce à lui je vais avoir très vite l'occasion de jouer avec le hochet militaire, attribut réservé aux chefs de l'Etat...

dimanche 9 septembre 2007

Human Bomb

Même si il est vrai que je n'arrive pas à engager les réformes nécessaires - mais qui vous dit que je souhaite vraiment le faire ?- que je suis plus dans la représentation, dans l'apparence que dans l'action, ma position présidentielle et mon talent pour me vendre font que je suis installé pour longtemps dans une situation très confortable sur le plan de la popularité.

Mon opposition ? Elle n'est pas à gauche. Après avoir siphonné le réservoir idéologique du Front National, pour l'utiliser à mon profit, durant la campagne, et assurer ainsi mon élection, j'ai ensuite siphonné le réservoir humain du PS.

Rien à craindre de leur part. Ils ne sont plus crédibles, ou si peu, et si un discours intelligent s'y faisait jour, il aurait du mal à transpercer dans le brouillard épais qui enveloppe la gauche. J'ai su récolter les fruits de l'autisme et de l'incapacité des socialistes français à se remettre en question. Et mantenant, j'en profite pour leur faire faire un glissement idéologique, toujours plus vers moi ... Du caviar, j'vous dit ! Je joue sur du velours.

Mais alors, me direz-vous, où se situe donc vos opposants ? Au Centre ? Non, mon hold-up y a également réussi de façon éclatante grace à l'ersatz que l'on appelle, par pudeur, Nouveau Centre. Morin All Stars aurait fait un peu déplacé. De son coté, le modem est complètement aux fraises, inaudible.

Mais où alors ? Où est la menace pour moi ? A droite. Oui. Villepin est mon principal ennemi, mais il est bien englué sur le plan judiciaire et reste très peu dangereux.

En fait, mon principal ennemi, il est à l'Elysée. C'est une bombe à retardement. Quand je vous dis que Cécilia n'a de comptes à rendre à personne c'est clair, non ? Elle est incontrôlable. Et après, c'est à moi d'improviser pour essayer de préserver un semblant de crédibilité. Mais vais-je réussir à récupérer le coup les prochaines fois ? Dieu seul sait ce qu'elle me prépare ...

Je suis sous influence matriarcale. C'est mon histoire personnelle qui veut ça. Les femmes au caractère fort et bien trempé m'ont toujours entouré, rassuré.

Regardez Rachida par exemple. Il va falloir qu'elle fasse attention devant Cécilia. Quand elle parle de moi comme ça, me qualifiant de «Suprême légitimité», vous n'imaginez pas quel effet ça me fait. J'adoooooore....

Elle me connait bien, elle sait comment me prendre, me flatter, me toucher en plein coeur. Quand elle parle de moi, ce sont des mots doux qui résonnent à mes oreilles...

Et puis oui, après tout, ne pensons pas aux esprits chagrins qui viennent me gâcher le plaisir par des considérations constitutionnelles sur la séparation des pouvoirs. Prenons le plaisir là où il est dans l'instant présent. Carpe diem ! Après tout, rien ne dit que ça va durer...

samedi 8 septembre 2007

Placage précoce

Ma stratégie économique est mal engagée. Après l'impact néfaste de la crise financière estivale, la mauvaise gestion de celle-ci par Christine Lagaffe, la soeur de Gaston, connue pour être ma ministre de l'économie, elle voulait pas quitter son stage de plongée, voilà mon joker pour relancer la croissance qui s'effondre.

Moi qui comptais sur le parcours sans faute de l'équipe de France de rugby pour redonner le morale aux français, pour les enthousiasmer progressivement jusqu'à la victoire en finale avec la vision enchanteresse de l'équipe de mon ami Bernard Laporte ainsi portée aux nues. Chaque match gagné redonnant un peu plus d'euphorie au pays pour se terminer en apothéose avec la conquête du titre mondial.

J'avais pourtant tout fait pour m'accaparer l'équipe de France, moi et mes ministres n'arrêtons pas de leur faire des visites. L'idée étant d'associer l'image de cette marche triomphante vers la victoire de nos rugbymans à celle de mon équipe gouvernementale qui en a bien besoin, n'alignant ni les essais ni les transformations.

C'était ma carte maîtresse. Même si la France peut encore être championne du monde, la chose parait quand même très mal partie. Encore une fois, je vais devoir aller moi-même mouiller le maillot pour aller la chercher avec mes petits bras musclés et marquer l'essai entre les poteaux.

A voir ce début de compétition, c'est président de Nouvelle-Zélande que j'aurais du être. Leur démonstration face aux italiens est à l'aune de ma puissance de feu.

Je suis seul contre tous. Les autres pays ainsi que des organismes internationaux à l'expertise reconnue en matière économique, pointent du doigt l'incohérence de mes choix politiques en la matière par rapport aux besoins avérés de l'économie française et surtout, de mes engagements.

Mais je vais leur donner tort. A tous. Je compte sur mon aura et sur mes incantations pour amener le déclic et nourrir une croissance déferlante. C'est la confiance dans ma politique qui amènera mes concitoyens à y contribuer activement par une frénésie de consommation.

J'ai quand même un petit doute, mon aura aurait quand même déjà du produire quelques effets... Non ? Qu'en pensez-vous ?


mardi 4 septembre 2007

Sarkoshow, le top de l'esbrouffe

Dans mon précédent billet vous m'avez vu me vautrer dans une autosatisfaction ostensible concernant la pleine réussite de mon plan de communication. L'euphorie n'est pas retombée et je crois que je vais céder à la mode des jeux participatifs à l'instar de nombreux autres collègues blogueurs.

Pour célébrer le succès de mon omniprésence médiatique estivale, pas sur mon blog mais de par le caractère innombrable de mes communiqués de presse estivaux, je vous invite à participer au Sarkoshow, le top de l'esbrouffe !

Dès maintenant, en commentaires, indiquez-moi quelle a été, selon-vous, mon intervention ou action estivale la plus marquante en matière d'esbrouffe, d'épate, de frime, de cabotinage, de boniment, d'imposture.

Vos propositions seront alors soumises au vote dans le cadre d'un sondage sur ce blog.

Alors, lequel a le plus retenu votre attention ? L'épisode «Mata-Hari chez Kadhafi», les multiples séquences, un peu redondantes je le reconnais, «Nico a réponse à tout», «Une malade imaginaire sur la cote Est», «Falcon connection», «Nanard saute sur Bagdad», «Panique sur le CAC 40», etc... A vous de jouer !

Soutenez Mon Elysée en affichant la bannière du «TOP de l'esbrouffe» sur votre blog. Le code à copier-coller est disponible sur le site «Les influenceurs»

Construire le sentiment du changement

Alors que je vais bientôt fêter mes 4 mois de présidence, un premier bilan s'impose. Je suis heureux de voir a quel point ma stratégie de communication fonctionne a merveille.

Mes gesticulations et mon omniprésence médiatique, même en période estivale, expriment une rupture forte, donnant le sentiment d'un président à l'écoute, empathique, concerné et prompt à apporter des réponses, même si celles-ci sont souvent démagogiquement disproportionnées quand elles ne sont pas complètement inappropriées.

Le succès éclatant de ma stratégie d'ouverture, à la hauteur de la légende du joueur de flûte dont les frères Grimm ont fait le récit, vient renforcer ce sentiment en donnant l'image d'un rassemblement de toutes les bonnes volontés, au delà de toutes considérations partisanes, pour apporter les réponses que notre pays attend. Une impression de «tous ensemble» que l'on voit mal se terminer par un échec.

Tout cela donne le sentiment que je vais réussir à mener les réformes nécessaires au renouveau français.

Cela camoufle parfaitement mes déjà nombreuses reculades, cache aisément ce qui pourtant devrait sauter aux yeux au simple regard du fil rouge qui transparait pourtant de mes différentes prises de positions.

Presque personne ne se rend compte que ma rupture n'est et ne sera en fait qu'une parfaite continuité de l'action de mes prédecesseurs :

- soigneusement mise en valeur par un tout nouvel emballage aux couleurs éclatantes et tape à l'oeil, fruit d'une réflexion marketing aboutie, une politique économique de droite passéiste et archaïque centrée sur les vieux schémas opposant capital et travail. Mon soutien à Bush étant l'un des symptômes les plus évidents de mon attachement à cette ligne de pensée rétrograde et dépassée.

- la perpétuation d'une politique africaine aux relents nauséabonds de néo-colonialisme et aux racines idéologiques des pires pré-suposés coloniaux de la fin du 19 ème siècle

- un manque de courage politique pour mener à bien les réformes et même simplement les enclencher, en démarrant par les cadeaux, comment croire que j'oserais ensuite mettre en place une politique de rigueur et d'austérité ?

Pardon, non, ce n'est pas le terme idoine. Nous n'utiliserons donc pas le terme rigueur mais l'expression «effort constant et sélectif de revalorisation des finances publiques». C'est un peu plus long mais nettement moins anxyogène. Je remercie Claude et François de nous avoir repris, moi et Christine. Pour une fois qu'il me sert à quelque chose ce premier ministre...

Mes ministres, quand c'est pas moi qui les reprend pour les désavouer, c'est l'un de mes chiens de garde qui s'en occupe. Je crois qu'ils aiment ça.

samedi 1 septembre 2007

Sarkomingback

Me revoilà. Enfin de retour à la lanterne pour ce premier week-end de septembre. Je me sens mieux là bas que dans l'effervescence parisienne !

Cela faisait longtemps que je n'avais pas publié. Votre impatience marquée est très nettement perceptible dans les derniers commentaires. Mais voilà, tout va mieux, ce manque va être comblé, votre dose régulière de prose présidentielle est de retour. Pas de sevrage en vue, plutôt une overdose, et cela dès les prochaines semaines pour les moins résistants.

J'ai voulu vous préserver. Les vacances des lecteurs de mon blog sont sacrées. J'espère que vous avez également passé de bonnes vacances.

Pour les miennes, vous devriez déjà tout savoir par la presse. Mes nombreuses frasques estivales, quasi quotidiennes, n'ont probablement pas du vous échapper. La « politique de papa » c'est fini ! Maintenant ce doit être le spectacle 24 heures sur 24.

Un vrai catalogue que je vais essayer de récapituler de manière quasi exhaustive. Indiquez moi en commentaire si vous aviez tout remarqué, si vous aviez loupé un épisode ou encore si j'en ai moi-même oublié un.

J'ai passé des vacances très agréables invité par des amis aimables et fortunés. Pourtant, ces vacances avaient très mal démarrées avec cette agression sauvage dont j'ai été victime alors que j'étais tranquillement sur mon bateau à Wolfeboro.

Les coupables : deux journalistes américains qui cherchaient insidieusement à porter atteinte à ma vie privée. Je les ai ensuite calmés rapidement grace à mon imposante autorité et à mon sens légendaire de la diplomatie.

Me prendre en photo torse nu, non mais ! Pour que tout le monde se rende compte que ma pratique du jogging médiatique, trop récente, n'est forcément pas encore venu à bout de mes rondeurs ...

Un bel été oui, durant lequel moi et mes proches n'avont jamais quittés les feux de l'actualité. De ma Cécilia à l'image froide et peu amène j'ai su faire, dans l'affaire des infirmières bulgares, une héroïne de film noir, à la Greta Garbo, mélant diplomatie secrète, commerce international de l'armement avec un léger parfum de contre-espionnage...

N'empêche que la voilà qui traine encore des pieds dans son rôle éminent de femme du président... Pendant deux jours entiers j'ai essayé de la convaincre de venir avec moi participer au pique-nique organisé par George et bien, pas possible de la décider.

Il a fallu que je lui fasse un mot d'excuse pour raisons médicales. C'est pas la première fois, déjà au G 8 elle m'avait fait les mêmes caprices. Que voulez-vous, je suis obligé de céder à chaque fois, c'est pas moi qui commande !

Ce pauvre George, il n'a pourtant pas la gâle, je ne comprends pas pourquoi tout le monde le fuit, sauf moi. Qu'est ce qu'il était heureux de me voir ainsi présent à son chevet, lui mon modèle, lui l'incarnation du modernisme et de l'avant-gardisme.

Pour mettre en évidence plus officiellement que par cette visite estivale amicale mon soutien inconditionnel au président américain j'ai envoyé Bernard l'exprimer plus clairement sur le terrain à Bagdad, ce qui n'a pas manqué de réjouir grandement W.

Mais revenons à ma mission , le service de la France. Grace à une équipe solide et efficace que j'ai amené dans le Falcon qui suivait mon avion d'Air France comme un petit chien son maître, j'ai su réagir rapidement au moindre événement et fait divers, sachant faire preuve de compassion intéressée et sortant promptement une solution. Je sais donner l'impression de l'efficacité. C'est comme cela que j'ai su vous convaincre. La réactivité est l'un de mes maîtres-mots.

La prise en otage de l'impact émotionnel des faits divers en est un autre. Cela fait longtemps que j'ai compris tout ce que je pouvais en retirer comme bénéfices, depuis cela a porté ses fruits au delà de toutes mes espérances...

Je vous ai promis une république irréprochable ? Je me dois donc d'être transparent sur le coût de mes vacances. Ce sont mes amis qui ont payé la location de la maison à 22 000 € la semaine. Par contre, le coût d'utilisation du Falcon sur les deux semaines, en comprenant mon aller-retour pour venir à Notre Dame de Paris, vous aura coûté 200 000 €.

Bon, c'est pas tout ça mais les soirées « photos de vacances » et la nostalgie, c'est pas pour moi. Je m'en lasse rapidement. Il va falloir que je vous abandonne pour aller réviser mon rugby. Après mes déjà si nombreux succès en si peu de temps depuis mon élection, en ce dernier trimestre mon objectif majeur pour les français, c'est de gagner la coupe du monde de rugby.

Bernard, c'est mon pote. Tous les deux, on est comme larrons en foire. On se ressemble tellement. Nous sommes des meneurs d'hommes. Quand je le vois coacher son équipe, ça me fait penser à moi avec mon gouvernement. Sauf que ses hommes, ils ont un vrai esprit d'équipe, une vraie cohésion et surtout une vrai discipline. Ils l'écoutent. Lui, il a pas besoin d'aller sur le terrain pour récupérer les ballons, placer des drops et marquer des essais à leur place... Regardez et faites vous une idée vous-même, vous ne trouvez pas des similitudes ?


 
Clicky Web Analytics