mardi 9 octobre 2007

Une République irréprochable

C'était l'une des promesses majeures de ma campagne présidentielle. En passant après Chirac, il n'est même pas question pour moi de parler, comme Lionel Jospin le pire ennemi du PS, de droit d'inventaire. Au sujet de mon prédécesseur, il vaudrait mieux parler de droits du procureur. Avec moi, c'est enfin terminé l'Etat chiraquien, ses passes-droits et sa méritocratie affairiste.

Pour marquer la rupture avec ces pratiques d'un autre âge, j'ai décidé de frapper un grand coup. En dépénalisant le droit des affaires. Comme cela, plus de comportements délictueux. Fini, terminé, que dchi, nada, plus rien. Alors que l'on apprend les démélés judiciaires de Monsieur Gautier-Savagnac et les délits d'initiés massifs concernant EADS, c'était bien le moins que l'on pouvait attendre de moi...

Et le symbole, l'emblême, que dis-je, l'icone de cette nouvelle ère sera mon fidèle Jean-François. Son comportement exemplaire, au dessus de tous soupçons devrait rapidement lui valoir le surnom inoxydable d'incorruptible. En secret ses admiratrices au sein du gouvernement le surnomment déjà Elliot. J'ai cru, l'autre jour, voir l'émoi étreindre ma Garde des Sceaux, alors qu'elle observait sa silhouette de play boy vieillissant s'éloigner inexorablement.

Sa grandeur d'âme, sa générosité légendaire, son humilité comparable a celle du Mahatma Gandhi, son empathie à l'égard des plus faibles et des plus déshérités, son altruisme sans faille font de lui l'image même de cette nouvelle époque que j'ouvre pour notre pays, dans un esprit éthique et toc, empreint du respect de tous, quelques soient nos différences.

Jean-François, oui. Lui et pas un autre. Président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale, député-maire de Meaux, ancien ministre du budget. Voilà un homme à qui il n'arrivera jamais de mélanger les genres. Ce n'est pas lui qui friserait le conflit d'intérêt ou le trafic d'influence. C'est un Saint vous dis-je.

Il n'irait jamais, en plus de ses déjà très nombreuses fonctions, travailler pour un cabinet d'avocats d'affaires en charge de dossiers dans lesquels l'Etat est partie prenante. Ce n'est pas son genre.

Pas lui. De toute façon l'argent ne l'intéresse pas. S'il travaille plus, ce n'est pas pour gagner plus. Il est là pour servir. Pas pour se servir. L'exemplarité incarnée. Un point c'est tout.




Jean-François Copé le super-cumulard
Vidéo envoyée par Le_Grand_Schtroumpf

lundi 8 octobre 2007

Neurone story

J'ai les neurones qui commencent à ressembler à une réunion de parlementaires UMP. Si, si. Parfaitement. Comment osez-vous remettre en doute ma parole ? Cela ne se fait pas !

Primo, c'est un crime de lèse «Sa Suprême Légitimité». Deuzio, si moi je ne sais pas ce que c'est une réunion de parlementaires UMP, où va-t-on ?

Je vous le dis, ça part dans tous les sens, c'est totalement incontrôlable, ça fait un bruit assourdissant. Résultat : l'impression d'avoir son crane réduit en miettes, le sentiment d'un trou béant, énorme, au milieu du front, transpercé par une force démesurée, aspirant tout vers le néant.

Non. Je n'exagère pas, c'est bel et bien la description adéquate, le portrait exact, la formule idoine. Et je peux vous dire qu'en vocabulaire, je m'y connais. Heureusement d'ailleurs. Sinon comment ferais-je, pour habiller les réactions intempestives et calmer les attentes de plus en plus exacerbées et pressantes de mes affidés populistes, euh, pardon, populaires.

D'abord au sein du gouvernement. Le parler vrai de Lagarde et de Fillon sur la faillite et sur la rigueur.

Ensuite les parlementaires, ça fait 2 mandats chiraquiens qu'ils attendent .... Là, ils se disaient, ça y est. Avec Nicolas, c'est fini la droite timorée, hésitante, qui sursaute quand elle croise son ombre. Terminé la couardise droitière qui bat en retraite au premier manifestant sur le pavé. Plus de poltrons chez les réacs. On assume pleinement ses idées et on les met en acte.

Ils veulent l'affrontement frontal, ils sont pressés de voir la mise en oeuvre de l'entreprise de démolition du modèle social français. «Bon, c'est quand qu'on bouffe du fonctionnaire ?»

Je fais tout mon possible pour essayer de les calmer, de leur expliquer que ce n'est pas aussi simple, qu'on ne rentre pas dans la gueule des gens de plein fouet comme ça. Qu'on peut niquer les français mais que ça se passera mieux en y mettant un peu les formes quand même ... Qu'après ça on risque de ne plus m'aimer... Et ça, j'ai du mal, ça me bloque...

Mais rien n'y fait. Ils ne veulent rien comprendre. Cela ne fait pas 6 mois que je leur ai offert une retentissante victoire qu'ils n'espéraient plus, et déjà ils sont prêt à me brûler .... Ils en ont marre de devoir attendre encore, toujours plus, j'arrive pas à leur faire comprendre ma stratégie d'ouverture. C'est le détail qui les fait craquer. Devoir en plus supporter la consécration de gens de gauche, là, c'est plus possible. Besson, Kouchner, DSK, .... C'en est trop. C'est au bord de la nausée que je les emmène ....

samedi 6 octobre 2007

Généralicide


Je commence à entendre, de-ci, de-là, de nombreuses réactions disant que je bouge beaucoup, certains me qualifiant même de ventilateur, et insinuant que la rupture serait peu visible dans mes actes, d'autres allant jusqu'à oser parler de reculades nombreuses ou d'immobilisme de ma part.

S'il est un domaine dans lequel on ne peut pas dire cela, c'est bien celui des affaires étrangères. Même si cela reste encore peu visible, en pratique, la rupture est déjà consommée et évidente. Pour la visibilité, ce n'est qu'une affaire de semaine. Patientez un peu. Elle sera éclatante, pour ne pas dire explosive. Vous allez voir ce que vous allez voir.

La politique étrangère française, telle qu'elle existait jusqu'à ma prise du pouvoir, était fondée sur plusieurs grands principes, posés par l'un de mes illustres prédécesseurs, le légendaire Charles de Gaulle.

L'indépendance nationale par exemple, surtout vis à vis des Etats-Unis d'ailleurs. Un vieux truc désormais bon pour être rangé dans les vieux souvenirs, enrobé de naphtaline.

Désormais nous serons pleinement alignés sur la politique étrangère américaine. Et pas n'importe laquelle. La pire qui soit, celle portée par les néo-conservateurs ultra bellicistes qui entourent George, mon copain.

Fini la ligne originale portée par la France, fini cette parole indépendante et son impact équilibrant sur les relations internationales.

Maintenant que c'est moi le patron je conduit notre pays à rejoindre la ligne dure portée par les Etats Unis et la droite israëlienne. Voilà les nouveaux partenaires dont la ligne idéologique conduira notre vision du monde.

Fini la proximité diplomatique forte avec le monde arabe qui nous permettait parfois de jouer les médiateurs.

Maintenant, enfin, grace a moi, notre pays rejoint le camp de l'occident. Bon, c'est vrai, je n'ai pas encore atteint le haut niveau de compréhension et d'analyse géostratégique de mon pote Debeuliou, mais j'arrive quand même à comprendre deux ou trois évidences.

Donc je refuse qu'on me parle d'analyse caricaturale du monde, c'est bien d'un conflit de civilisation qu'il s'agit. Un conflit à portée religieuse.

Mais je m'emballe. Oui j'ai choisi notre camp. Pour vous, pour nous. Parce que vous ne savez pas et que je sais pour vous. Ne suis-je pas «Sa suprême légitimité» ?

Certains me disent «En t'alignant tu va faire perdre du poids et de la marge de manoeuvre à la France». Je m'en tape. Pour moi, l'essentiel, l'important, c'est de nous ranger du coté de l'axe du «Bien» virginal. Oui, parfaitement, virginal.

"Drrrriiiiiiinnnnggggg !!!!" Excusez-moi, c'est le téléphone.

.... "Allo ? Oui Michèle ? Quoi ??? Trois attentats coordonnés à Paris ? Combien ? 245 morts ???!! Mais comment ont-ils pu oser ? Cela ne fait même pas deux semaines que les Etats-Unis et Israël ont bombardé Téhéran, et à peine trois jours que les soldats français ont rejoint les marines ..., seul soutien international à la courageuse action militaire américano-israëlienne ...."

 
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